Cameroun-Révélation: Voici comment Maurice Kamfo fait pour exister encore

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    Ses contradictions et ses outrances trahissent l’obsession du président du Mouvement pour La renaissance du Cameroun à meubler une traversée du désert politique qu’il s’est pourtant imposé lui-même.

    En Afrique, et francophone de préférence, « le ministère de la Parole” échoit naturellement à l’opposition. Et ses leaders ne boudent pas le plaisir de canarder à l’envi le pouvoir en place, très souvent présenté comme l’unique responsable de tous les maux qui minent le pays. « L’opposition est dans son rôle de chien de garde de la démocratie. C’est normal qu’elle se pose en contre-pouvoir, en alternative, pour éviter que les tenants du pouvoir s’illustrent pas les abus de toutes sortes, se complaisent dans la malgouvernance ou endorment l’opinion avec des résultats très souvent sans commune mesure avec le potentiel », admet un opposant camerounais pas peu fier de s’être rapproché du pouvoir.

    Il serait à peine exagéré de soutenir que Maurice Kamto a été happé par cette logique que d’aucuns assimilent plutôt à une tare, à défaut d’être une malédiction consubstantielle à l’opposition. Que ce soit clair : personne ne lui demande de se taire. Au contraire. Grâce au président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), la scène politique camerounaise vit. Il n’y pas si longtemps, de par sa léthargie elle avait fini de convaincre certains observateurs que le Cameroun est ce pays où il ne se passe rien politiquement. La compétition pour la conquête du palais de l’Unité étant dominée par Paul Biya depuis bientôt 40 ans.

    Péchés capitaux

    Mais Maurice Kamto déçoit par son inconstance. Et pèche par ses multiples contradictions et outrances. Sa communication du 24 août 2020 est un terreau fertile de ces péchés capitaux. A travers celle-ci, le président du MRC franchit un nouveau cap dans sa logique insurrectionnelle en lançant un nouvel « appel à la résistance pacifique résolue du peuple camerounais contre la forfaiture électorale en préparation et au départ pur et simple de monsieur Paul Biya du pouvoir en cas de sa réalisation ».

    Il réitère ainsi son appel du 20 juin dernier, dans lequel il appelait déjà à une mobilisation générale contre l’organisation des élections régionales avant la résolution de la crise anglophone par la mise en place d’un cessez-le-feu, l’ouverture d’un vrai dialogue politique national inclusif et la réforme consensuelle du système électoral actuel.

    « La crise des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest met en lumière sa logique pour le moins illisible. Un coup, il donne l’impression de se désolidariser des séparatistes. Un coup, il donne l’impression de les soutenir. Mais tout le monde note bien qu’il a refusé de les recevoir pendant sa tournée en Occident programmée comme pour fuir le pays en pleine effervescence politique », s’offusque un observateur de la scène politique. Position ambigüe

    Qui rappelle également sa position pour le moins ambigüe face aux leaders de la Brigade anti-sardinards, qui s’illustrent par la violence de leurs discours et actes. Maurice Kamto se garde bien de les condamner, même quand ils mettent à sac les ambassades du Cameroun à l’étranger au nom de la résistance qu’il dit incarner. Dans la même optique, il tient Patrice Nganang à bonne distance, mais ne dédaigne pas son soutien de poids, obligeant ainsi l’activiste à prendre à son tour ses distances.

    Un journaliste, qui ne fait pas mystère de sa proximité avec le MRC, croit savoir que son président est face à un choix cornélien. « Ceux qui sont présentés comme des extrémistes dans son camp représentent un poids important pour Kamto. Il i est certain que leurs I positions, jugées tranchées, sont partagées par beaucoup. Mais le président du MRC ne peut pas se permettre de les renier, au risque de rogner tout son électoral », confie-t-il.

    La présidentielle du 7 octobre 2018 a également mis en lumière les contradictions de l’homme. Après avoir professé, dans un éditorial publié dans Mutations au lendemain de la présidentielle d’octobre 2004 que les décisions de la Cour suprême agissant comme Conseil constitutionnel sont des dogmes, en 2018 il ignore la décision de cette instance qui le classe deuxième à l’issue de la présidentielle d’octobre 2018. Depuis lors, il n’a eu de cesse de clamer a hue et a dia qu’il est le vrai vainqueur de ce scrutin. Antienne de prédilection

    Comme à son habitude, l’ancien ministre délégué à la Justice de 2004 à 2011 recourt à une antienne mille fois ressassée : « Le régime illégal et illégitime », dont il n’a pourtant pas boudé la grâce pour sortir de prison, ne gouverne plus le pays. « Le navire Cameroun est sans commandant de bordet vogue au gré des flots », se convainc-t-il.

    Après avoir, dans un passé récent, soutenu mordicus que Paul Biya n’était plus capacité de gouverner, Maurice Kamto qui n’est pas à une contradiction près admet aujourd’hui que « monsieur Biya gouverne le Cameroun par le mépris et la terreur depuis près de quarante ans ».

    Un discours moqué par certains acteurs politiques, y compris de l’opposition, qui rappellent que le MRC n’ayant aucun élu n’est pas concerné par les élections régionales dont le collège électoral est constitué en majorité de conseillers municipaux.

    Pour mieux le mettre face à ses propres contradictions, Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du Comité central du RDPC, rappelle à son intention : « L’action politique en République s’exerce dans les instances prévues à cet effet. Notre Constitution étant la boussole commune. Toute autre approche visant à déstabiliser les institutions ne passera pas ». Il lui rappelle que « le pouvoir parcimonieusement construit ne se prend pas dans la rue, mais par les urnes ».

    Toute cette démarche est le fruit de son obsession à exister politiquement. « Le président du MRC s’accroche sut tout maintenant pour rappeler son existence », corrobore Paul Eric Kingué, son ancien directeur de campagne lors de la dernière présidentielle.

    Et Maurice Kamto n’en voudra qu’à lui-même de s’être suicidé à deux reprises. La première fois, il s’autoproclame président de la République au lendemain de la présidentielle du 7 octobre 2018. Une stratégie mal inspirée quand on sait qu’en l’état actuel de l’organisation des élections, il est difficile voire impossible d’avoir tous les résultants vingt-quatre heures après un scrutin.

    Il va se suicider la seconde fois en optant pour le boycott des élections législatives et municipales du 9 février 2020. Un acte lourd de conséquences, en ce qu’il lui impose une traversée du désert avec une possible résurrection politique en 2025 dans le meilleur des cas. Et en voulant à tout prix exister entretemps, Maurice Kamto s’affirme comme un piètre homme politique, en tout cas pas à la dimension de sa stature de juriste de haut vol.


    SOURCE: https://www.w24news.com

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