Libération des leaders du MRC: voici la plus grande crainte de KAMTO

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    En détention pendant sa tenue, le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a passé au crible les résolutions du Grand Dialogue national, non sans parler des chances de réussite de cette initiative du Président Paul Biya.

    « On ne peut faire l’économie d’un dialogue direct avec les leaders anglophones qui ont une emprise réelle sur les groupes armés contrôlant la majeure partie du terrain dans le NOSO. A cet égard, il nous paraît illusoire de croire qu’on peut gagner la paix en libérant quelques combattants et en gardant en prison leurs leaders condamnés à vie ; de croire que les populations et les combattants abandonnent à leur triste sort ces leaders qui les ont guidés et contraint le régime en place à faire semblant de dialoguer. »

    Solutions éloignées des attentes
    C’est avec une note d’optimisme que Maurice Kamto évoque la question. « Les participants à ce dialogue ont choisi comme réponse aux revendications des anglophones sur la forme de l’Etat, le maintien de la décentralisation avec un « statut spécial » pour les régions concernées. Notre plus grand souhait est que cette solution réponde vraiment aux attentes des populations desdites régions. »

    S’il est optimiste, il n’est pas moins craintif de la résultante des options prises. A lui en croire on aurait fait autrement à bien des égards. Piqûre de rappel « C’est nous qui avons proposé, en 2017, le régionalisme avec un statut spécial pour les régions anglophones. Mais c’était avant l’exacerbation du conflit armé avec ses 3000 morts environ et les nombreux réfugiés et déplacés internes. Depuis lors, les groupes armés du NOSO semblent avoir renforcé leur emprise sur le terrain, se sont mieux organisés et de manière générale ils semblent trouver cette solution proposée par le GDN très éloignée de leurs attentes. » Explique Maurice Kamto qui estime à ce même sujet que cette solution aurait été concluante pour les populations du Nord-ouest et du Sud-ouest, mais qu’il fallait au préalable « discuter du contenu du « Statut spécial » dans le cadre du GDN avec les représentants des différents groupes concernés, y compris les sécessionnistes, car pour le moment, on leur vend un paquet dont le contenu est inconnu. ».

    En réalité l’Article 62 (2) de la Constitution du 18 janvier 1996 qui dispose que, sans préjudice du régime général qui s’implique à toutes les régions, « la loi peut tenir compte des spécificités de certaines régions dans leur organisation et leur organisation et leur fonctionnement ». « Sur cette question fondamentale de la forme l’Etat, le pouvoir en place n’aura pas bougé d’un iota de sa position de toujours. » conclut-il avant de se demander si l’on avait « besoin d’environ 3000 morts, plus d’un million de déplacés internes, près de 40 000 réfugiés, de centaines de villages rasés, de trois années de scolarité perdues et d’une catastrophe économique pour venir réaffirmer des dispositions d’une constitution qu’on refuse d’appliquer depuis 23 ans ? »

    Des solutions
    « On ne peut faire l’économie d’un dialogue direct avec les leaders anglophones qui ont une emprise réelle sur les groupes armés contrôlant la majeure partie du terrain dans le NOSO. A cet égard, il nous paraît illusoire de croire qu’on peut gagner la paix en libérant quelques combattants et en gardant en prison leurs leaders condamnés à vie ; de croire que les populations et les combattants abandonnent à leur triste sort ces leaders qui les ont guidés et contraint le régime en place à faire semblant de dialoguer. »

    Il propose à cet égard qu’ « il faut une amnistie générale pour tous les leaders et toutes les autres personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone pour créer les conditions d’un règlement en profondeur et durable de cette crise. »

    Maurice Kamto soutient qu’ « Il est impératif sinon de trouver une solution définitive à cette crise, du moins de créer un climat de paix dans les deux régions concernées avant la tenue des prochaines élections, par l’adoption et la mise en œuvre des mesures de désescalades et de confiance. » il prévient que « si les élections à venir ne pouvaient se tenir dans les régions anglophones, comme lors de la présidentielle 2018, pour cause d’insécurité, les tenir dans les seules régions francophones reviendrait à acter la partition du pays. »

    source:https://www.cameroonweb.com/CameroonHomePage/NewsArchive/Lib-ration-des-leaders-du-MRC-voici-la-plus-grande-crainte-de-Kamto-473713

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