Masques, tests, prime… les principales mesures de Blanquer pour la rentrée post-Covid

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    Le platane en a vu d’autres. Il n’empêche : ce mercredi après-midi, la conférence de presse de rentrée du ministre de l’Education nationale, organisée — c’est maintenant une habitude — dans le jardin de l’Hôtel-de-Rochechouart, à Paris, aura rarement été aussi attendue tant les questions en suspens restent nombreuses pour les familles comme les enseignants, à six jours du retour de 12,3 millions de cartables et sacs à dos sous les préaux.

    Comment concilier un quotidien « normal » dans les classes, avec des mesures sanitaires changeantes? Comment faire réussir des enfants trop longtemps éloignés des tableaux noirs? Quelles perspectives pour une école encore secouée par la crise sanitaire et ses effets?

    « Le ministère sait où il va », insiste Jean-Michel Blanquer, soucieux de placer sa quatrième rentrée de ministre sous le signe de la stabilité. Objectif : « maintenir le cap des réformes », coûte que coûte. Et d’égrener la longue liste des chantiers de cette année 2020-2021. Voici les principales nouveautés à retenir.

    C’est une ligne de crête qu’essaye de tenir la rue de Grenelle : adapter son protocole sanitaire à l’évolution des règles en vigueur ailleurs dans la société… sans donner le sentiment de ballotter élèves et professeurs d’ordres en contre-ordres. Officiellement donc, le protocole sanitaire de juillet ne change pas. Mais sa nouvelle version apporte une modification importante : tous les adultes et les enfants à partir de 11 ans devront porter le masque, sans distinction et en toutes circonstances. Les enseignants de maternelle, qui n’étaient pas concernés dans la première mouture du protocole, devront donc se couvrir le visage, y compris en présence des enfants.

    Le texte, vanté comme « simple et clair » par Jean-Michel Blanquer, prévoit trois cas de figure. En cas de circulation « maîtrisée » de l’épidémie, les écoles, collèges et lycées fonctionnent quasi normalement, avec le respect des gestes barrière. Le « non-brassage » entre les élèves reste une simple recommandation. Selon nos informations, les établissements seront invités à ne pas mélanger les élèves de niveau différent, mais des élèves de classes différentes pourront se côtoyer.

    En cas de circulation « forte » du Sars-CoV-2 dans une zone donnée, le protocole prévoit une organisation « hybride » de l’école, du collège et du lycée. L’accueil en cours serait restreint et les enfants seraient, par roulement, soit en classe en petits groupes, soit en école à distance. En cas de circulation « intense » du virus, des établissements peuvent fermer. Mais ces deux hypothèses restent pour l’instant fictives. L’Ile-de-France et les Bouches-du-Rhône, malgré leur situation sanitaire plus tendue qu’ailleurs, restent pour l’instant dans le cadre général. Elles pourraient toutefois se voir appliquer un protocole légèrement durci, par rapport au document de référence. Mais ces changements ne sont pas encore connus.

    Il y aura des tests à l’école, et pas seulement en cas de suspicion de contamination au Covid-19. Dès la rentrée, l’Education nationale prévoit de renforcer sa politique d’évaluation du niveau des enfants, entamée depuis trois ans. A partir du 14 septembre, les élèves seront testés principalement en français et en mathématiques, dans les classes « charnières » (CP et CE1, 6e et Seconde). Dans les autres niveaux de scolarité, des « outils de positionnement » sont mis à disposition des enseignants, mais ces derniers ne sont pas tenus de les utiliser.

    En 6e en particulier, l’évaluation s’étoffe cette année avec un nouvel exercice : les enfants devront lire à tour de rôle, à haute voix, un texte pendant 60 secondes pour que l’enseignant mesure leur « fluence », c’est-à-dire le nombre de mots qu’ils sont capables de déchiffrer par minute. Cet exercice, controversé dans le monde enseignant, doit servir à détecter les jeunes en difficulté de lecture et de compréhension, dès les premiers jours de l’année. « On ne peut pas assommer les élèves qui n’ont pas eu d’école pendant six mois pour certains, avec des évaluations stressantes et inadaptées », estime Guislaine David, la porte-parole du principal syndicat des professeurs des écoles, avec la crainte que les plus en difficultés « baissent les bras » dès les premiers jours de la rentrée.

    Rue de Grenelle, on promeut ces tests comme des outils de transparence : les parents seront informés par les enseignants des résultats de leur enfant, et des « mesures de remédiation » devraient être proposées en fonction de leurs éventuelles lacunes. Sans toucher aux programmes scolaires, qui restent inchangés malgré le contexte particulier, le ministère a aussi conçu pour les enseignants une liste des points à revoir prioritairement en septembre et octobre, afin de combler les lacunes nées l’an dernier en raison de la fermeture des établissements scolaire, entre le 13 mars et le 11 mai. Plus que jamais, « les fondamentaux » sont érigés en priorité : une grammaire officielle de l’Education nationale a même été publiée.

    C’est un « droit », insiste Jean-Michel Blanquer. Tous les parents de collégiens peuvent demander à bénéficier de « devoirs faits ». Ce soutien scolaire gratuit, dispensé par des enseignants pour les élèves de la 6e à la 3e, existait déjà dans les établissements. Il va être étendu, grâce à la mobilisation de 1,5 million d’heures supplémentaires. Tous les enfants pourront en bénéficier, promet la rue de Grenelle, à raison de trois heures de soutien par semaine en moyenne, après les cours.

    Bénéficiant d’une baisse de la démographie au primaire, le gouvernement commence à mettre en œuvre la promesse du président Macron, de limiter à 24 élèves toutes les classes de grande section, CP et CE1, dans toute la France. Parallèlement, le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les réseaux d’éducation prioritaire, entamé en 2017 et qui concerne aujourd’hui 300 000 enfants, se complète d’un dédoublement en grande section de maternelle : 20 000 petits de 5 ans doivent l’expérimenter en cette rentrée.

    Parallèlement, Jean-Michel Blanquer promet que le nombre d’enfants par classe sera partout plus bas qu’à la rentrée dernière, à l’échelle de chaque commune, et seulement au primaire. Dans les lycées, en revanche, les murs craquent : le syndicat SE-Unsa « alerte sur les effectifs très élevés » constatés en Seconde, 1re et Terminale, dans toute la France. En région parisienne, et particulièrement à Paris, la situation est critique, voire « scandaleuse », selon la fédération des parents d’élèves FCPE, inquiète pour « les centaines d’élèves » encore sans bahut à une semaine de la reprise des cours.

    « Réunis », le mot d’ordre de l’épais dossier de 110 pages, publié ce mercredi par l’Education nationale, suffira-t-il à apaiser une profession enseignante à cran ? Repoussé comme l’Arlésienne, le chantier de la revalorisation du salaire des professeurs est devenu « un point de contentieux », selon le principal syndicat des instituteurs, le Snuipp.

    Les négociations pour embellir la fiche de paye des professeurs, et particulièrement celle des plus jeunes, entrants dans le métier, ont repris cette semaine au ministère. Jean-Michel Blanquer annonce une enveloppe de « 400 millions d’euros » dans le budget de l’Education nationale, et des résultats sonnants et trébuchants dès 2021 pour les enseignants.

    Avant cela, ce sont les directeurs d’école, en première ligne de l’école à distance et de la réouverture des établissements, au printemps, qui vont bénéficier d’un remerciement concret : ils toucheront avant décembre une prime exceptionnelle de 450 euros.



    SOURCE: https://www.w24news.com

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