Petit Pays d’Éric Barbier : critique | CineChronicle

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    Synopsis : Dans les années 1990, un petit garçon vit au Burundi avec son père, un entrepreneur français, sa mère rwandaise et sa petite soeur. Il passe son temps à faire les quatre cents coups avec ses copains de classe jusqu’à ce que la guerre civile éclate mettant une fin à l’innocence de son enfance.

    Le bestseller de Gaël Faye, auréolé du prix Goncourt des Lycéens en 2016, et qui avait ému plus d’un million de lecteur, fait l’objet d’une adaptation cinématographique par Eric Barbier, qui n’est pas à son premier coup d’essai après avoir porté sur grand écran La Promesse de l’Aube. Ce récit autobiographique prend pour contexte la guerre au Rwanda et ses conséquences dramatiques sur le pays voisin le Burundi, mis à feu et à sang. Il est raconté ici à hauteur d’enfant. Ce dernier, Gabriel, est issu d’un mariage mixte, d’un père un français originaire des Vosges, et d’une mère Tutsi, née au Rwanda, une « déracinée » qui peine à trouver sa place dans le quartier confortable des expatriés. Si les premières scènes témoignent des joies de l’enfance marquée par l’insouciance, dans un cadre bucolique, voire idyllique, les rires en salles de classe laissent rapidement place à une menace latente. Une violence sourde qui se fait de plus en plus bruyante, visible. 1993. L’année de la rupture, de la fin de l’insouciance. La haine aveugle faisant rage entre les deux ethnies, Hutus et Tutsi, a gagné du terrain. Le pays est écartelé, disloqué. Les deux peuples s’entretuent, l’enfant candide demeure dans l’incompréhension devant cette guerre civile, faisant de son « petit pays » un paradis perdu. Cette incapacité à appréhender la guerre témoigne également de son absurdité, basé sur des différences physiques entre les deux clans. 

    Pour rendre compte de l’horreur de la guerre, le réalisateur s’entoure d’un casting singulier, réunissant Jean-Paul Rouve pour une interprétation toute en retenue, d’une belle justesse, et d’une pléthore d’acteurs en majorité non-professionnelle, ayant connu l’enfer du génocide, contribuant à l’authenticité de l’œuvre. On note également la remarquable performance du jeune acteur dans la peau de Gabriel. Cette transposition fidèle parvient à restituer avec force toute l’émotion du livre, Gaël Faye a d’ailleurs largement participé à cette production puisqu’il a coécrit le scénario.

    Un récit intimiste qui met en lumière une période sombre et distanciée de l’histoire de ces pays, qui ont trop longtemps souffert dans l’indifférence de l’Europe, agissant comme un devoir de mémoire et à l’éveil du spectateur. On remarque une véritable visée pédagogique, permise notamment par le regard du narrateur, totalement étranger à la réalité de la guerre. Il passe du monde de l’enfance à la terrible expérience de celui de l’adulte marquée par la fin de l’innocence, forcé de choisir son camp.

    La narration ne perd pas de vue des thèmes transversaux questionnant l’idée de famille mixte et ses problématiques inhérentes, la géopolitique instable de ces pays d’Afrique malmenés par l’histoire, la lutte des classes, l’exil qui se dessine en filigrane comme un fil conducteur. Un récit fait d’ombres et de lumières, empreint de douceur, d’humour, de tragique, mais qui capture l’essentiel. Petit Pays est un cri du cœur cathartique, tout en pudeur, et un hommage vibrant de Gaël Faye à son pays d’enfance. Une ode à la nostalgie. Bouleversant!

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    SOURCE: https://www.w24news.com

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