Présidentielle américaine: «Donald Trump peut-il convaincre les femmes de voter pour lui?»

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    FIGAROVOX/ENTRETIEN – Les interventions féminines à la tribune de la Convention nationale Républicaine qui s’est ouverte lundi ont présenté un président plein de compassion et d’empathie. Adoucir le message global du parti républicain est la stratégie de l’équipe Trump pour susciter l’enthousiasme des électrices et des minorités, majoritairement acquises au camp démocrate analyse le spécialiste de la question américaine Lauric Henneton.

    Lauric Henneton est maître de conférences à l’Université de Versailles Saint-Quentin, auteur de La fin du rêve américain? (Odile Jacob, 2017) et de L’Atlas historique des États-Unis (avec Pierre Gay, Autrement, 2019). Il publie Le rêve américain à l’épreuve de Donald Trump le 8 octobre (éditions le Vendémiaire).

    FIGAROVOX.- De nombreuses femmes se sont exprimées à la tribune de la Convention républicaine, notamment la première dame Mélania Trump qui a fait un plaidoyer pour son mari et sa fille Tiffany qui apparaît rarement dans les médias. Y a-t-il une volonté de la part de l’équipe Trump d’adoucir l’image du président?

    Lauric HENNETON.- Donald Trump a construit son personnage politique sur une masculinité exacerbée, assumée, en réaction à la perception d’un climat de castration orchestrée par les (néo)féministes. L’homme américain se sent attaqué pour ce qu’il est. Cette masculinité assumée peut sembler anachronique dans le contexte post #metoo et est dénoncée comme une forme de masculinisme, de machisme toxique par le camp adverse. Ce qui a pour effet de renforcer à la fois le sentiment de répression de la masculinité (tous les hommes sont affreux, être un homme, c’est mal), donc en retour une posture assertive défensive.

    À quoi s’ajoutent des discours et revendications d’une complexification de l’identification sexuelle. Pour dire les choses simplement, les tenants d’une identification «non binaire», au-delà du schéma binaire «homme-femme». Ces revendications sont perçues très différemment: d’un côté c’est une forme d’émancipation d’un carcan archaïque et une façon d’être soi-même, donc stricto sensu une forme de rêve américain (être soi-même en toute liberté). De l’autre côté, c’est vu comme une forme de déclin moral, de confusionnisme, de dégénérescence: d’où la nostalgie d’un slogan comme «Make America Great Again». La masculinité dont Trump se fait l’étendard est à la fois une réaction à un climat de masculinité contestée mais aussi un repoussoir pour les adversaires de ce type d’identification et de comportement. La polarisation se fait également sur ce terrain.

    Les femmes jouent un rôle moins prépondérant chez les Républicains que chez les Démocrates, mais la famille (et la première dame) a toujours une place, ne serait-ce qu’au nom des valeurs familiales conservatrices ou traditionnelles. La bonne épouse. Melania Trump ajoute une dimension évidente: elle est née derrière le rideau de fer et incarne la nécessaire résistance à la menace socialo-communiste dont les Républicains accusent Biden, mais c’est aussi une immigrée, ce qui permettait d’illustrer la thématique du deuxième jour d’une convention placée sous le signe du rêve américain. Il était d’ailleurs assez piquant de voir des Démocrates (Bette Midler) se moquer de son accent. C’est le monde à l’envers!

    Cependant, si quelques intervenants ont brièvement évoqué l’homme qui se cache derrière la carapace trumpienne (Steve Scalise, que Trump est allé voir à l’hôpital quand il s’est fait tirer dessus), globalement c’est plutôt le leader que le père ou le mari qui a été célébré, ce qui est en contraste avec la mise en scène de la famille Biden. Biden est très empathique, c’est difficile à nier, Trump ne l’est absolument pas, et c’est difficile de montrer le contraire. En cela on ne peut pas dire que l’image de Trump est vraiment adoucie. Mais les interventions ont adouci le message global après la prestation tonitruante de Kimberley Guilfoyle, la compagne de Donald Trump Jr. le premier jour.

    Le parti cherche-t-il à gagner l’électorat féminin et celui des minorités? Ne sont-ils pas déjà acquis au camp adverse?

    L’électorat féminin, en soi, n’existe pas, c’est un non-sens. Il est profondément divisé par d’autres marqueurs, bien plus déterminants: couleur, niveau d’éducation, statut marital, principalement. Globalement, oui, il existe un écart considérable et croissant entre le vote des hommes et le vote des femmes, le «gender gap». Les hommes votent majoritairement républicain, et les femmes, dans tous les sondages des dernières années, votent majoritairement démocrate. Mais il faut aller plus loin. Les femmes noires votent démocrate à plus de 90% (et votent un peu plus que les hommes noirs, ce qui en fait une cible privilégiée des équipes démocrates). Le «gender gap» est très mince chez les Noirs, donc. Qu’elles soient mariées ou pas, diplômées ou pas. Être noir est un déterminant du vote démocrate, mais les Noirs peuvent aussi bouder les urnes.

    Concernant les femmes blanches, les lignes de fractures sont assez nettes: plus on est diplômé, plus on vote démocrate, désormais (c’est moins vrai pour les hommes). De même, les femmes mariées sont généralement plus conservatrices que les femmes non mariées. C’est là que les choses bougent: c’est moins vrai, et l’écart se creuse chez les femmes diplômées. Mais si les femmes non diplômées votent un peu moins pour les Républicains, sans nécessairement voter majoritairement démocrate, le glissement est considérable et peut-être décisif. Mais c’est la même chose chez les hommes, généralement nettement plus conservateurs. Il suffit qu’ils penchent moins du côté républicain et le «gender gap» fait basculer l’État dans l’escarcelle démocrate. Pour les Républicains, il faut donc s’efforcer de reconquérir certains segments de l’électorat féminin, sans pour autant reculer chez les hommes.

    Une autre grande ligne de fracture est géographique: les grandes villes votent largement démocrate, les campagnes votent républicain, et les immenses banlieues résidentielles, en expansion continue, font pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Jadis, elles constituaient un réservoir républicain et c’est ce que Trump a cherché à mobiliser en agitant le chiffon rouge des logements sociaux que les Démocrates voudraient imposer, compromettant ainsi la sacralité de l’Eden suburbain. Schématiquement, on quitte les grandes villes, leur «diversité», la criminalité et les mauvaises écoles, pour l’inverse: l’entre-soi (entre blancs), la sécurité et les bonnes écoles. C’est ce qu’on appelait «White flight» dans les années 1960-70. Mais les banlieues ont beaucoup changé, elles sont nettement moins blanches qu’avant, et n’en sont pas moins convoitées. Le comté le plus riche du Texas, Fort Bend, à l’ouest de Houston, a une minorité de Blancs et une forte classe moyenne supérieure asiatique (indienne), notamment. Agiter le chiffon rouge de la diversité fonctionnera toujours auprès d’une partie de l’électorat républicain, déjà acquis, mais ce sera peut-être contreproductif chez les Indépendants qui restent à convaincre. D’autant que l’appel de Trump aux «suburban housewives» sonne terriblement «fifties». La mode est au vintage, certes, mais pas forcément en politique.

    Doit-on voir dans ces discours une réponse indirecte aux attaques de Kamala Harris, la colistière de Joe Biden qui à la Convention démocrate avait dépeint Donal Trump comme «un raciste» et «un prédateur»?

    Les campagnes sont des joutes à distance, qu’il s’agisse des conventions, des spots télévisés ou maintenant des tweets. Donc comme les Démocrates ont tiré les premiers, les Républicains se trouvent dans une situation de contre-attaque. On l’a nettement vu quand Trump et ses soutiens ont annoncé que leur convention serait plus positive que celle des Démocrates, qu’ils accusaient d’être dans l’antitrumpisme primaire et apocalyptique. La première soirée de convention républicaine avait pourtant des accents assez apocalyptiques. L’Amérique de Joe Biden serait l’enfer sur terre. Les prestations de Kim Guilfoyle et Donald Trump Jr, qui avaient l’air possédés, étaient en contraste net avec les annonces.

    La deuxième soirée était nettement plus positive et mettait davantage en avant le bilan de l’administration Trump, au prix évidemment d’un grand nombre d’approximations et d’exagérations, toutes dûment documentées, mais qui n’auront pas vraiment de poids auprès des convaincus. Et dont les Indépendants, comparativement sous-informés, n’auront pas connaissance. Plus spécifiquement, la participation de Républicains noirs et hispaniques, la cérémonie de naturalisation d’immigrés légaux, le discours de Melania: tout cela avait pour but de montrer que la critique démocrate était exagérée et donc illégitime. C’est aussi beaucoup un duel d’images, et les indécis – le véritable enjeu – doivent faire leur miel de ce qui leur est présenté des deux côtés.

    Le milliardaire américain a pourtant été plusieurs fois épinglé pour avoir employé un langage fleuri à l’égard des femmes et de ses adversaires féminins, je pense à Hillary Clinton…

    Donald Trump a franchi un nombre de lignes rouges absolument hallucinant. Combien de commentateurs ont annoncé, depuis 2016, que cette fois c’était la ligne rouge de trop? Ses incartades avec des actrices interlopes, ses déclarations sur la façon dont il attrapait les dames, juste avant l’élection, sa façon de se moquer du physique de ses adversaires ou de journalistes femmes… Il en aurait fallu bien moins pour mettre un terme définitif aux aspirations de n’importe quel candidat. Pourtant, avec Trump, ça passe. Au risque d’une forme de banalisation.

    L’élection de 2016 a montré que tous ses écarts, dans toutes les catégories, n’avaient pas suffi à le disqualifier, y compris chez les femmes. Les élections de mi-mandat de 2018 semblaient montrer au contraire une forte déperdition du vote féminin, décisive pour les Démocrates, mais pas partout: les Démocrates n’ont pas repris le Sénat et ont échoué de peu à prendre les sièges de gouverneur en Géorgie et en Floride. Si le reflux est net, il a été incomplet. Surtout, malgré la participation historique lors de ces élections, généralement boudées par les électeurs, la grande question cette année sera la mobilisation dans les deux camps, notamment les trumpistes de 2016 qui n’auraient pas voté en 2018.

    La double question sera donc l’ampleur de la mobilisation des femmes issues des minorités, déjà largement démocrates, mais que les Démocrates doivent mobiliser en nombre, et pas forcément à New York et Chicago, et l’accentuation du glissement des femmes blanches dans les banlieues résidentielles. Il sera intéressant de mesurer si la présence de Kamala Harris (femme et double minorité) comme colistière de Joe Biden a un impact sur le choix des électeurs – et des électrices – et, le cas échéant, si la géographie de cet impact est décisive dans les Etats-clés.

    Je tiens à remercier sincèrement le prophète Munak d’avoir sauvé mon mariage du divorce et d’avoir ramené mon mari à nouveau. mon mari qui m’a quitté depuis plus de cinq mois maintenant pendant le covid-19 pour rester avec sa maîtresse est revenu avec l’aide du prophète munak. quand je l’ai contacté via son e-mail [[email protected]] pour trouver une solution sur la façon de récupérer mon mari. il a fait un sort d’amour pour les retrouvailles pour moi et m’a dit de me détendre en seulement 5 jours.Mon mari est rentré à la maison.J’étais juste surpris de voir comment cela fonctionnait aujourd’hui, nous vivons en paix. Tout cela avec l’aide du prophète Munak, je serai toujours reconnaissant.Merci beaucoup Mary



    SOURCE: https://www.w24news.com

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