Sérail: voici les 3 mythes du pouvoir de Paul Biya

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    Paul BIYA a bâti son pouvoir sur trois mythes que sont :

    – le mythe de la force, incarnée ici par un animal, le lion qui renvoie à la terreur, à la brutalité, à la férocité, à la cruauté et finalement à l’insensibilité, la méchanceté et la barbarie. Ce mythe est le socle philosophique ou simplement le fondement de l’État sauvage, anti-droit.

    – Le mythe de la sagesse, représenté par un autre animal, le sphinx, qui s’est construit au fil des ans, quand germait dans l’opinion une forme de lassitude, nourrie par l’interminable règne de Paul BIYA, son bilan calamiteux et son âge. Ces éléments qui apparaissaient comme un handicap ou une incapacité à gouverner ont été représentés de manière avantageuse, comme des facteurs engendrant la sagesse.

    – Le mythe de l’immortalité, est l’aboutissement de la trilogie mythique de Paul BIYA. Comme le mythe de la sagesse, il est le travestissement des tares congénitales de la gouvernance BIYA, que sont, la paresse, l’absentéisme, l’inaction… L’échec politique et économique sans équivalent du régime BIYA, est avant tout l’échec d’un homme, dont la marque du pouvoir est son goût de noces interminables, ses absences physiques sur tous les fronts : sociaux, politiques, économiques, diplomatiques. Ces éléments déterminants de la débâcle politique de Paul BIYA, sont faussement réinterprétés et représentés. Le Président absent, dont l’indolence managériale frise l’irresponsabilité juridique et politique, est présenté comme omniscient, omnipotent.

    Les disparitions de Paul BIYA, pour des périodes qui peuvent atteindre plusieurs mois, pendant lesquelles, par le truchement de ses services spéciaux, il inocule dans l’opinion la rumeur de sa mort, procèdent de la déclinaison pratique du mythe de l’immortalité. S’en suivra, la sortie de sa retraite, comme ressuscité des morts, pour fanfaronner sur son immortalité. Le Président mort, renaîtra de ses cendres et reviendra plus jeune et fort que jamais. Il est donc partout et immortel.

    Mais cette fois, son péché mortel le privera des portes du paradis .

    LE PÉCHÉ MORTEL DE PAUL BIYA

    Cette entourloupe qui a permis à Paul BIYA de faire oublier ses absences, d’installer dans l’esprit des Camerounais, le mythe de son invincibilité et de sa perpétuité, ne fonctionne manifestement plus. La reproduction de ce stratagème en cette période critique de l’histoire mondiale, est un péché mortel.

    Loin d’apparaître comme le super man renaissant de ses cendres, Paul BIYA, à la sortie de sa cachette, apparaît comme un chef d’armée qui a abandonné ses troupes. Rien, absolument rien si ce n’est un empêchement physique grave ne peut permettre de comprendre un autre « silence du président ». Et même dans une telle hypothèse, la compréhension ne saurait être une excuse face à la carence observée, dans la mise en place d’une véritable politique de santé publique de circonstance pour faire face au COVID-19.

    La Cameroun est devenu en quelques jours, la deuxième puissance de la corona-prévalence d’Afrique après l’Afrique du Sud. Le mutisme de Paul BIYA face au Covid-19 qui sévit dans le monde et au Cameroun, a été si retentissant que dans une correspondance écrite le 23 mars 2020 et dévoilée publiquement ce 10 avril, le patron de l’OMS déclare : «Excellence, votre engagement personnel est nécessaire pour mobiliser les communautés et renforcer l’élan d’un mouvement sociétal contre la COVID-19 ».

    Pendant ce temps d’absence, Maurice KAMTO, qui en deux temps a invité Paul BIYA à exercer physiquement son pouvoir, a entrepris de prendre sa part de responsabilité en lançant un mouvement transnational de solidarité.

    LE PLEBISCITE DE LA SOLIDARITE POPULAIRE PROPOSEE PAR MAURICE KAMTO OU LA SANCTION DE L’ABSENCE DE PAUL BIYA

    Face à la gravité de cette pandémie, dont les ravages sont en voie de déstructurer toute la société camerounaise, le pouvoir politique de Yaoundé qui consacre l’essentiel de ses ressources à sa survie, est désemparé.

    Les élites, confrontées à la fermeture des frontières européennes, en exécution des mesures prises par ces pays, pour lutter contre la propagation du coronavirus, ne peuvent plus s’offrir ou bénéficier de manière privilégiée, d’une offre de soin de qualité. Le Cameroun, est ainsi transformé en une vaste prison – mouroir dans laquelle les riches et pauvres sont désormais égaux devant le COVID-19.

    C’est dans ce contexte que Maurice KAMTO, intervient et lance un programme de solidarité qui se révèle inédit par l’adhésion des populations. En moins d’une semaine, au moyen d’une campagne qui ne s’est faite que sur les réseaux sociaux, les fonds récoltés approchent le million d’euros .

    Le gouvernement, désorienté, s’attaque à cette initiative populaire sous le prétexte fallacieux du non respect des procédures. Dans une consternante brutalité et illégalité, il ordonne la fermeture des comptes supposés accueillir lesdits fonds.

    Voila donc Paul BIYA, qui se trouve réduit à multiplier des stratagèmes, pour faire obstruction à Cameroon-Suvival de Maurice KAMTO, espérant ainsi avoir un peu d’oxygène politique. Priver des populations d’une chance de se prémunir de la maladie ou de se soigner, sans en même temps leur offrir une alternative complète est un dilemme. Le programme gouvernemental de lutte contre le COVID-19, semble s’embourber dans la lutte contre Cameroon-Survival, qui elle ambitionne de lutter contre le COVID-19.

    LES ABSENCES DE PAUL BIYA CACHENT SA MISE SOUS TUTELLE DE FAIT

    La normalisation des absences de Paul BIYA, occulte la gouvernance par procuration qui est la pratique au Cameroun. Il est indéniable que ce despote présente des déficiences physiques et mentales dues à son âge avancé, qui inéluctablement justifieraient sa mise sous tutelle et donc son inaptitude à continuer sa mission.

    Cette incapacité est contournée par la mise en place d’une tutelle de fait. Paul BIYA, comme une marionnette, est désormais actionné par son épouse, dans le rôle de Tutrice de l’État, à défaut d’être Cheffe de l’État.

    Le régime de Paul BIYA, est un cas d’école en sciences politiques. Faire le mort pour exister, faire le mort pour gouverner, il fallait l’inventer…

    Me Amedee Dimitri Touko Tom
    Militant – Analyste Politique


    SOURCE: https://bit.ly/2VFi7Qj

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