Tour de France 2020 : de l’eau, des chutes, et du « verglas d’été » pour ouvrir le bal

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    S’aimer comme on se confine : « Il n’avait pas envie de venir et maintenant on va rompre »

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    Jalouse du Covid-19, la pluie a volé la vedette, samedi 29 août, lors de la première étape remportée à Nice par le Norvégien Alexander Kristoff, premier maillot jaune de l’été.

    Par Anthony Hernandez et Clément Martel Publié aujourd’hui à 21h02, mis à jour à 21h54

    Il ne manquait plus qu’elle pour que la fête soit complète. Peut-être les cieux en avaient-ils assez des écouvillons nasaux et autres masques. Aussi ont-ils ajouté l’eau au Tour de France, samedi 29 août, pour la première étape de la 107e édition de la course cycliste. Des trombes d’eau. Qui s’additionnant aux routes escarpées de l’arrière-pays niçois ont permis aux coureurs d’expérimenter une nouvelle attraction : le toboggan niçois. « A chaque virage ou presque, il y avait une chute », a constaté le vainqueur du jour, le Norvégien Alexander Kristoff.

    Un peloton rendu nerveux par un départ à l’aube de septembre, et dans des conditions sanitaires plus que tendues ? Que nenni. Si les chutes se sont multipliées sur les pentes de la première étape reliant Nice à Nice – Alaphilippe, Sivakov, Bennett, Pinot… la liste est longue et prestigieuse –, elles ne sont pas à mettre sur le dos du contexte, à en croire les coureurs.

    « Ce n’est pas lié à la nervosité, il y a moins de public, c’est moins stressant, a commenté à chaud Benoît Cosnefroy (AG2R-La Mondiale), qui a lui aussi vu le bitume de près. Juste, il n’a pas plu ici depuis longtemps et les routes sont hyperglissantes. On ne tenait pas sur les vélos, pas à cause du stress ou de la nervosité de la première étape, c’était juste impossible. »

    Après une saison estivale sans pluie dans les Alpes-Maritimes, l’irruption de cette dernière a raclé tous les résidus de la route. « De la gomme, un peu d’huile, des tâches d’essence dans la descente, toutes ces choses qui rendent la route grasse, a énuméré Pierre-Luc Périchon (Cofidis) au sortir de l’étape. Et les premières pluies forment du verglas d’été. » « C’était exactement comme rouler sur de la glace », a corroboré Luke Rowe, coéquipier d’Egan Bernal chez Ineos-Grenadiers. Un « Holiday on ice » à Nice, qui n’a rien eu de vacances.

    Résultat, des chutes à foison dans le peloton, où il faudra compter les bleus et les éraflures. Comme sa concurrente de la Jumbo-Visma, qui a subi la chute de son lieutenant George Bennett, l’équipe Ineos Grenadiers a aussi souffert samedi, avec la galère vécue dès le début d’étape par son espoir russe, Pavel Sivakov (qui termine à plus de 13 minutes du vainqueur).

    Si Thibaut Pinot, lui, n’a pas perdu de temps, il avait le masque – et sans besoin de gaze sur le visage – après avoir vu de trop près la Promenade des Anglais, à trois kilomètres de l’arrivée. Soit, par chance, là où la course a été neutralisée, à la demande des coureurs.

    « On sait que le Tour est tendu les premiers jours, mais avec autant de chutes, c’était vraiment pénible et dangereux, a déploré Yvon Ledanois, directeur sportif d’Arkea Samsic. Les coureurs ont parlé avec l’organisation pour neutraliser les trois derniers kilomètres, et c’était le minimum qu’ils pouvaient faire, parce que ç’aurait pu être pire, avec un sprint et un peloton groupé. »

    Dans la descente de la côte de Rimiez, Tony Martin avait mis le peloton au pas. Capitaine de route de la Jumbo-Visma, l’Allemand calmait le jeu pour éviter les chutes. Et tous réduisirent l’allure, déjà sous l’influence de l’armada qui impressionne tant avant ce Tour 2020.

    « J’ai peut-être fait les signes les plus visibles, mais c’était une initiative de toutes les équipes de gérer la descente pour le plus de sécurité possible, et le peloton s’est vraiment serré les coudes, a expliqué le rouleur allemand. La seule équipe qui n’a pas voulu suivre, ç’a été Astana, et on a vu ce qui est arrivé. » Pile au moment où son équipe accélérait le tempo en tête de peloton, le leader de la formation kazakhe, l’Espagnol Miguel Ángel López est – littéralement – tombé dans le panneau, à la suite d’un impressionnant aquaplaning.

    Tomber dans le panneau, littéralement ?

    Suivez la fin d’une première étape accidentée sur Eurosport 1 et… https://t.co/CPzvn7OOPS

    Pour ce premier départ fin août, coronavirus oblige, un « Tour pas comme les autres » nous attendait, avait prédit Christian Prudhomme. Indubitablement en ce qui concerne cette première étape, sinon qu’à la fin, c’est le roué et habitué Alexander Kristoff qui gagne.

    Au poker menteur du sprint sur terrain mouillé, le vétéran norvégien de la formation UAE-Team Emirates a pris le meilleur sur le champion du monde danois Mads Pedersen (Trek-Segafredo) et Cees Bol (Sunweb).

    Sa quatrième victoire sur le Tour, qui en fait le deuxième Norvégien à endosser le maillot jaune (après le spécialiste Thor Hushovd : en 2004, en 2006 et en 2011). Et puisqu’il fallait que l’eau soit l’actrice principale de ce premier épisode, la pluie a repris pour doucher le vainqueur.

    A Nice, une foule clairsemée s’est réunie pour le départ de l’édition 2020 du Tour, samedi 29 août. Masquée, dans sa grande majorité. « Le message est bien passé, sur ce que j’ai pu voir aujourd’hui, les gens respectent les consignes, se félicitait la commissaire Corinne Aury, cheffe du service d’ordre public et de soutien à Nice, présente sur le parcours pour en assurer la sécurité et faire respecter les mesures sanitaires. Ils ont pris conscience que pour assister au passage du Tour, ils devaient respecter ces mesures. »

    Même si certains d’entre eux ont dû être rappelés à l’ordre, à l’image de cet adolescent en trottinette – « Monsieur, vous êtes au milieu de la foule, il faut porter votre masque. C’est obligatoire depuis deux semaines à Nice. Il y a une pharmacie à cent mètres » –, les spectateurs se plient aux consignes de sécurité. Et se battent pour récupérer les cadeaux lancés par la caravane.

    « Par rapport à la présentation des équipes, où il y avait très peu de monde, on a enfin eu l’impression d’être sur le Tour, a savouré Pierre-Luc Périchon (Cofidis). Vu les conditions qu’on connaît, on est dans un juste milieu entre un vrai Tour de France et un Tour à huis clos. »

    Moins de public, donc, et un port du masque globalement respecté. Ce qui n’a pas empêché une dame, masque baissé, de se précipiter pour aider à relever les coureurs après une chute impliquant Pierre Latour, Pavel Sivakov et Omar Fraile. Serviable, mais guère respectueuse de la distanciation, la spectatrice a relevé un vélo en lieu et place du mécano de l’équipe. La bulle est fragile, et les jours qui viendront montreront s’il est envisageable de la garder imperméable.

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    SOURCE: https://www.w24news.com

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