World news – Didier Raoult s’emporte devant le Sénat

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L’audition de Didier Raoult devant la commission d’enquête du Sénat était très attendue. Elle s’est révélée une fois de plus assez étrange, comme souvent avec le professeur marseillais. L’absence de contradicteurs spécialisés n’a pas aidé. À l’origine, les sénateurs espéraient pouvoir le faire débattre avec l’éminente épidémiologiste Dominique Costagliola et l’infectiologue Yazdan Yazdanpanah, membre du Conseil scientifique. Las, le microbiologiste a refusé. «Il y a des limites à ma convivialité», a-t-il expliqué lors de son propos liminaire. «Je vous demande de me pardonner de ne pas parler avec des gens qui m’insultent», faisant implicitement référence à une tribune l’accusant (sans le nommer directement, mais l’attaque est très clairement dirigée contre lui) de fraude dans Libération, cosignée par la première. «Je n’ai jamais fraudé de ma vie», a-t-il soutenu devant les sénateurs, reconnaissant que «des erreurs sont passées», et qu’il devait y avoir «2 à 4 % d’erreurs dans les papiers que j’ai faits (3 500 publications selon son propre décompte, NDLR)».

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L’audition s’est ensuite poursuivie dans son style désormais caractéristique, mélangeant les précisions techniques inutilement détaillées (pour impressionner son auditoire néophyte?), la fausse modestie («je ne suis qu’un pauvre humain», «je suis un être très pragmatique et pratique», «vous n’avez qu’un pauvre professeur marseillais devant vous», etc.) et les accusations, à la fois vagues et sévères (souvent légitimes) sur la gestion de la crise sanitaire par les autorités (en particulier le retard pris dans les capacités de dépistage).

La recette est ensuite un peu toujours la même: prétendre qu’il est le seul en France (voire dans le monde…) à avoir observé vraiment les malades, à disposer de chiffres fiables sur l’épidémie et la symptomatologie, et à essayer de soigner les gens. Des milliers de médecins en France manquent de s’étrangler à chaque fois, ou le font sur les réseaux. À l’écouter, il serait le premier à avoir découvert que l’anosmie et l’agueusie sont de symptômes très spécifiques du Covid-19 ; que la maladie est liée à de nombreux problèmes de coagulation ; que l’hypoxie des patients ne s’accompagne souvent pas de la gêne respiratoire que l’on constate habituellement dans les syndromes de détresse respiratoire aiguë traditionnels ; etc.

Sans personne pour le corriger ou le bousculer parmi les rapporteurs du Sénat, Didier Raoult développe son laïus, justifie de n’avoir pas mené d’essai en double aveugle sur son traitement «miracle», la combinaison hydroxychloroquine et azithromycine, au motif qu’il ne se verrait pas donner un potentiel placebo à un malade alors qu’il a un traitement qui marche. Sauf que ce traitement, justement, ne fonctionne pas si bien que ça.

Le sénateur Bernard Jomier (PRG), médecin généraliste de formation, a tout de même le courage de poser la question qui fâche. Pourquoi les autorités sanitaires de si nombreux pays déconseillent-elles massivement l’hydroxychloroquine (États-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Belgique, Allemagne Brésil, Portugal, Chine, Japon, Australie, Canada, Suisse, Corée du Sud)? Raoult s’énerve. «Vous avez des informations avec lesquelles je ne suis pas d’accord. (…) Vous ne pouvez pas me dire à moi que vous savez mieux que moi. (…) Chacun son métier, les vaches seront bien gardées.»

À tort ou à raison, le Conseil scientifique mis en place par le président de la République pour éclairer les décisions gouvernementales sur le Covid-19 a été l’objet de nombreuses critiques. Entendu par la commission d’enquête du Sénat lundi, son président Jean-François Delfraissy a plus que tout autre fait les frais de ces attaques répétées. S’il ne s’en est pas plaint devant les sénateurs, assurant «avoir les épaules» pour les encaisser, il a tenu à rappeler que l’instance était «collégiale». Il avait d’ailleurs choisi d’être accompagné de plusieurs membres lors de cette audition, qui ont chacun eu un temps de parole.

Le Pr Delfraissy a rappelé en préambule que le Conseil ne constituait en aucun cas un nouveau «pouvoir médical» qui viendrait concurrencer les pouvoirs législatif, judiciaire ou exécutif. «Nous ne décidons rien, c’est le politique qui décide», a-t-il martelé, soulignant l’indépendance et l’autonomie dont le Conseil avait bénéficié. Par ailleurs, «nous ne sommes pas une structure pérenne», a-t-il argumenté, soulignant que le comité, mis en place par le politique, avait souhaité sa propre dissolution le 9 juillet. Ce n’est qu’à la demande expresse des parlementaires que les scientifiques ont accepté de poursuivre leur mission, avec une date butoir fixée actuellement au 30 octobre.

Masques, dépistage, immunité, gouvernance le président du Conseil scientifique n’a éludé aucune question, constatant que la France «n’était pas prête à afronter un tel tsunami». Il a fallu «construire une doctrine, une philosophie, en se fondant autant que faire se peut sur des données scientifiques.» Données qui n’étaient pas nécessairement disponibles au début de la crise. «La science se construit avec des incertitudes», a-t-il justifié. «Deux pas en avant, un pas en arrière, il y a des hésitations.» Ce qui a légitimement pu nourrir chez certains l’impression que l’on ne savait pas bien où on allait. Ce qui n’était pas complètement faux, loin de là.

Il s’expose inutilement et explose son image référentielle en terme de crédibilité scientifique…..un Marseillais doit savoir qu’il est en France et non à la World Company of pastis

J’ai pris le temps d’écouter l’intégralité des deux heures qu’a duré l’audition.A quel moment M. Raoult s’emporte-t-il? A aucun moment.Une sénatrice lui dit même qu’elle trouve qu’il avait fait preuve d’humilité dans ses réponses aux questions.Les journalistes qui commentent son audition notent qu’il est modéré.Il regrette d’avoir été si vivement attaqué, car même si sa combinaison de médicaments ne réduit la mortalité que de 30 à 50%, elle aurait sauvé des vies en France.


SOURCE: https://www.w24news.com

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