World news – Face à l’embargo américain, Huawei mise sur l’innovation (et fait le dos rond)

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Est-il besoin de le rappeler, la firme chinoise subit depuis plus d’un an les assauts répétés de l’administration Trump. Et l’on a pris l’habitude de regarder ce combat sanglant comme on assisterait à une corrida avant l’inéluctable mise à mort du taureau. Inéluctable ? Pas forcément. Mais la situation du champion technologique de la seconde puissance économique se complique chaque jour davantage et la présentation à la presse des dernières nouveautés du constructeur, ce mardi 15 septembre, avait un goût amer.

Par un hasard du calendrier, cette présentation se tenait le jour même de la keynote de rentrée d’Apple. Une keynote sans son iPhone vedette, a priori en retard de fabrication chez son sous-traitant chinois à cause du Covid.

Pas de smartphone non plus ce jour-là chez Huawei. Ses futurs flagships, ainsi que la gamme des Mate 40, pourraient être dévoilés « dans peu de temps », nous assure t-on. Mais quand ? Le flou est total car le constructeur subit une nouvelle salve de sanctions touchant cette fois ses puces Kirin, le cœur de ses smartphones.

Pour rappel, le fabricant chinois ne peut déjà plus, du fait des sanctions américaines, utiliser la suite Google sur ses smartphones. Concrètement, cela vaut pour sa dernière gamme P 40, lancée fin mars. Et vaudra pour ses futurs Mate 40. Pour contrer la manœuvre, Huawei a choisi de développer son propre système d’exploitation HarmonyOS (en open source), et d’inciter les développeurs du monde entier à travailler sur sa nouvelle galerie d’applications. Il revendique aujourd’hui sur cette App Gallery 33 millions d’utilisateurs réguliers par mois en Europe et 490 millions dans le monde. 96 000 applications y figurent désormais (une prouesse en quelques mois).

Pour améliorer encore l’expérience client, et pousser davantage son propre écosystème, il a lancé en mai un moteur de recherche disponible sur l’ensemble de ses nouveaux mobiles, Petal Search, capable de rediriger en un clic le consommateur vers les applications absentes de sa galerie. Malin mais insuffisant.

Ainsi équipé, Huawei aurait pu continuer à tailler la route. Le temps que le ciel américain s’éclaircisse ou que son propre écosystème soit parfaitement au point. Las, il est rattrapé par la patrouille sur sa partie technique et privé, du fait d’un durcissement des sanctions, des composants fournis par ses partenaires (notamment l’américain Qualcomm ou le Coréen Samsung).

Pire, il semblerait que les entreprises chinoises s’apprêtaient à faire de même. De quoi compromettre – ou retarder sérieusement la commercialisation du futur Mate 40 de la marque.

Un nouveau coup dur pour le constructeur en cette rentrée. Pourtant, l’innovation, portée par une R&D richement dotée était bien au rendez-vous ce mardi 15 septembre et devrait continuer de séduire les consommateurs français. Sur les smartphones, et malgré l’absence sur son dernier modèle P30 de la suite Google, le constructeur affirme occuper 18 % des parts de marché du secteur (entre janvier et juillet).

Une part qui a très légèrement faibli (normal…) sans que la marque en souffre trop : elle serait en France la deuxième en termes de considération et la troisième en termes de préférence et de notoriété. Un capital sur lequel Huawei va s’appuyer pour pousser en Europe d’autres produits moins touchés que le smartphone par les sanctions américaines.

D’où la mise en avant de nouveaux appareils et accessoires pour un monde que le leader de la 5G souhaite ultra-connecté. Ainsi des PC, une offre récente (2018) en pleine croissance avec un chiffre d’affaires en hausse de 40 %. Pour preuve, ce dernier Matebook X Pro de belle facture et très léger (à peine 1 kg) en vedette ce mardi. Ou ses nouveaux écouteurs intra-auriculaires haut de gamme dévoilés le 10 septembre lors de la conférence des développeurs à Shenzen. Taillés pour concurrencer les AirPods Pro et commercialisés à 200 euros, les Freebuds Pro de Huawei (testés quelques minutes en cabine) présentent un mode réduction de bruit très puissant capable de s’adapter aux ambiances extérieures.

Si Apple a mis en avant lors de sa keynote de rentrée deux nouvelles montres connectées, un marché sur lequel l’Américain est largement leader, Huawei parie de son côté sur une montre très accessible (129,99 euros) à destination d’un public plutôt jeune : la Watch Fit. Couleurs acidulées, cadran rectangulaire, large autonomie, et capteurs santé, elle se propose de surveiller son rythme cardiaque, son sommeil… et sa saturation en oxygène. Mais surtout elle est dotée d’un programme de coaching sportif plutôt ludique, soit 12 animations filmées d’entraînement et 44 démonstrations via la montre en direct. Cela vous rappelle quelque chose ?

Chine et USA veulent tout savoir sur tout le monde. Votre rythme cardiaque, votre nombre de pas, vos préférences, votre position. Les assureurs et autres se lèchent les babines

Le règne du gadget inutile: bonjour le climat. C’est l’innovation et le progrès à la Macron: ce que l’on appelle, chez les Amish, le gaspillage de ressources pour mieux contrôler le client.


SOURCE: https://www.w24news.com

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