World news – FR – Dans l’Oregon, incendies géants et complot antifa

0
6

Il n’y a pas que les incendies qui se propagent rapidement dans l’Oregon. Depuis quelques jours, des rumeurs sur l’implication de membres de la mouvance antifasciste Antifa circulent sur les réseaux sociaux. Les autorités locales, dont le bureau du FBI à Portland, ville la plus importante de l’État, ont été contraintes de démentir ces informations.

Jeudi, le bureau du shérif du comté de Douglas, dans l’Ouest, a indiqué dans un post sur Facebook que les services d’urgence avaient reçu de nombreuses « demandes d’information » sur l’arrestation de six membres d’Antifa accusés d’avoir déclenché des incendies. « Ceci est faux, a-t-il écrit en lettres capitales en signe d’exaspération. Arrêtez de répandre des rumeurs. »

Cela ne suffit pas à convaincre certains évacués rencontrés en banlieue de Portland. « Ça fait très longtemps que j’habite ici. Nous n’avons jamais vu autant d’incendies. Ce n’est pas un accident », affirme Carlos Munoz, qui a quitté sa maison, jeudi, avec sa famille dans son camping-car.

Les rumeurs sur ces incendies, causés par des températures élevées et des vents forts, sont promues par des comptes appartenant à des soutiens de QAnon, une théorie du complot qui prétend que Donald Trump a été élu pour combattre un cercle de pédophiles comprenant des démocrates et des célébrités diverses. Paul Joseph Romero Jr., candidat déchu à la primaire du Parti républicain pour un siège de sénateur de l’Oregon, a aussi tweeté que des membres d’Antifa avaient été arrêtés. Il a depuis reconnu que son tweet « n’était pas 100 % exact », mais ne compte pas l’effacer. « Les médias disent que les incendies ne sont pas intentionnels, mais qui sait ? » s’interroge Terry, un autre évacué rencontré dans le grand parking de l’université du comté de Clackamas, transformé en site d’accueil pour sinistrés. Vivant à Molalla, une commune rurale de 9 000 habitants, il craint les pillages. « Les autorités indiquent par des marquages au sol si les maisons sont vides. C’est une invitation ! Je suis inquiet. » Il n’est pas le seul. À Corbett, petite ville à l’est de Portland, certains habitants ont dressé des check-points après la découverte de feux d’artifice sur le bord d’une route. À Molalla, au moins trois journalistes ont été approchés par des hommes armés suspicieux.

La méfiance envers Antifa n’est pas surprenante. Les populations des régions rurales et montagneuses en dehors de Portland, bastion progressiste de l’Amérique, ont soutenu Donald Trump en 2016 et ne se reconnaissent pas dans les dirigeants démocrates de l’État. Certaines voix républicaines militent même pour un rattachement des comtés ruraux à l’Idaho voisin, beaucoup plus conservateur. Pour sa part, Donald Trump a dépeint à plusieurs reprises Antifa comme une organisation terroriste. Et dans l’Oregon, elle est vue, à droite comme à gauche, comme responsable des dommages et échauffourées qui ont émaillé certaines manifestations antiracistes Black Lives Matter depuis plus de trois mois à Portland. Fin août, un membre de cette nébuleuse d’extrême gauche a tué un militant d’extrême droite en marge d’une manifestation dans la ville.

Quelles que soient les rumeurs, les incendies ont des conséquences bien réelles. Quelque 500 000 personnes ont été évacuées ou informées de se préparer à quitter leur logement, selon la gouverneure de l’Oregon Kate Brown. Ce chiffre représente 12 % de la population de cet État à la nature abondante. Plusieurs abris ont été ouverts pour accueillir les évacués, issus pour beaucoup de petites communes rurales et pauvres. « Je suis sans emploi depuis la semaine dernière, raconte Tammy Slate. Je suis inquiète. J’ai besoin d’argent. Avec cette situation, je dois suspendre mes recherches d’emploi. » Sans-abri, Tara Hudson vivait sous une tente à Molalla. Elle a seulement pris de la nourriture pour ses chiens au moment de l’évacuation, jeudi. « Nous étions au milieu de la forêt. C’était trop dangereux. On commençait à avoir du mal à voir et à respirer. » Tim Campbell vient aussi de Molalla. Lui est « perdu, inquiet ». Travailleur indépendant dans les équipements de sécurité, il n’a pas d’assurance-habitation. Il a réussi à récupérer une caravane pour sauver le maximum de biens. « Toute ma vie est dans cette caravane. »



SOURCE: https://www.w24news.com/news/world-news-fr-dans-loregon-incendies-geants-et-complot-antifa/?remotepost=278580

Donnez votre point de vue et aboonez-vous!

Votre point de vue compte, donnez votre avis

[maxbutton id= »1″]