World news – Procès des attentats de 2015: un otage «en apnée» face aux frères Kouachi

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«J’ai puisé toute la force que j’avais en moi pour rester le plus calme possible. Je regardais les frères Kouachi dans les yeux, comme le gardien de but au moment d’un penalty.» Le 9 janvier 2015, deux jours après le massacre de Charlie Hebdo et l’assassinat du policier Ahmed Merabet, les deux terroristes en cavale, armés de kalachnikovs et d’un lance-roquettes, font irruption, à 8 h 30, dans l’imprimerie de Michel Catalano, à Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne.

Grand sportif, adepte entre autres de hockey sur gazon, il a baptisé son entreprise CTD pour «Création-Tendance-Découverte». Pourquoi les tueurs islamistes se retrouvent-ils ce jour-là dans cette petite ville, à 40 km au nord-est de Paris? On ne le saura jamais.

Le terme de héros est devenu si galvaudé qu’on hésite à en affubler M. Catalano qui, pourtant, en est un vrai. En une fraction de seconde, comprenant qui vient de pénétrer dans son imprimerie, il ordonne à son jeune salarié, Lilian, de se cacher. Lui, croit qu’il va mourir. Il veut que Lilian s’en sorte: «Tant qu’il était à l’intérieur, j’étais en apnée.»

Saïd Kouachi, le petit, et son frère Chérif, le grand, sont surexcités. Ils ont laissé douze cadavres derrière eux, dans le 11e arrondissement. À présent, ils veulent en découdre avec les forces de l’ordre et mourir en martyrs. À leur otage, qu’ils croient seul et qui leur offre du café, ils infligent un amphigouri dans lequel il est question de Michel Onfray, d’al-Qaida au Yémen et de textes sacrés: «Lisez le Coran, c’est bien, vous verrez, c’est de la faute des juifs». Il écoute à peine. Il tremble pour Lilian.

Arrive une première patrouille de gendarmes. Les tueurs, qui ont ordonné à leur prisonnier d’appeler le 17 pour signaler leur présence, sortent, tirent, un militaire riposte: Chérif Kouachi, touché au cou, regagne l’usine en rampant. «Monsieur, vous êtes où?», crie Saïd. «Je vais mourir», geint le blessé. «Non, on n’a pas fini», galvanise son frère. Et voilà l’imprimeur qui panse le djihadiste, avec la hantise que Lilian soit découvert. Il demande à s’en aller, songeant que les assassins vont le suivre hors du bâtiment pour affronter les gendarmes, de plus en plus nombreux: «Non, vous allez vous faire allumer», interdit Chérif Kouachi. Le premier pansement ne tient pas, il en fait un deuxième, trop serré, puis un troisième. Là, «le petit m’a dit: “Allez-y”». Il est environ 13 h 30. Le trio descend l’escalier, l’imprimeur sort les mains levées. Mais les deux fanatiques se claquemurent dans ses locaux. À 16 h 50, les terroristes se ruent à l’extérieur en tirant, les gendarmes les criblent de balles. Lilian est sain et sauf. C’est seulement à cet instant que son patron s’autorise à respirer. Mais l’épreuve a été si terrible que le contrecoup le laisse K.-O.

L’assaut a détruit l’entreprise que Michel Catalano, fils de modestes immigrés italiens, avait mis des années à bâtir avec son épouse. La République, jamais avare de rubans, lui remet la Légion d’honneur, il en est fier, mais les assurances, déplore-t-il, n’ont pas été à la hauteur. Il a fallu tout reconstruire, s’endetter lourdement. À la barre, celui qui a su tenir tête aux frères Kouachi peine à ne pas s’effondrer. Sa voix, souvent, s’échappe dans les aigus. Mais il reste debout. «Fin 2014, soupire cet homme hors du commun, j’avais promis à ma femme que, enfin, on allait souffler un peu. On pensait acheter une maison de campagne.»

Un nouveau calendrier de l’audience a provoqué un incident, mercredi matin. Le président a en effet ajouté pour le 21 septembre, en vertu de son pouvoir discrétionnaire, l’audition comme témoin de la maire de Paris, Anne Hidalgo. «Qui l’a sollicitée? Pourquoi?», s’étonne Me Pugliesi, de la défense. «De quoi a-t-elle été témoin?», bondit Me Cechman, partie civile. La demande émane de Me Klugman, partie civile (et ex-adjoint de Mme Hidalgo), au nom de SOS-Racisme. Dans un courrier adressé dans la journée au président, que Le Figaro a pu consulter, Me Klugman souligne que l’audition de l’élue avait déjà été demandée, sans succès, par écrit, avec copie au parquet, le 26 août. Il justifie notamment cette nouvelle démarche par le fait que les bâtiments abritant Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher «appartiennent indirectement» à la ville. Le président tranchera après analyse de cette lettre.

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SOURCE: https://www.w24news.com

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